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LOI DE  PROGRAMMATION MILITAIRE : UN AN PLUS TARD, OÙ EN EST-ON ?
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LOI DE PROGRAMMATION MILITAIRE : UN AN PLUS TARD, OÙ EN EST-ON ?

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Votée en décembre 2016, et rentrée en vigueur l’année d’après, la loi de programmation militaire -maintes fois réclamée aux cours des dernières mutineries- vise à améliorer les conditions de vie et de travail dans les casernes  et à bâtir une armée de métier , professionnelle et efficace. Un an après son début d’application, où en est-on ?

En Côte d’Ivoire la loi de programmation militaire laisse entrevoir ces premiers résultats. Et l’un des plus perceptibles est l’instauration d’une nouvelle et unique chaine de commandement. Une avancée notable au regard des bruyants mouvements de bottes qui ont émaillées  la grande  muette.  À ce rétablissement de la norme hiérarchique chez les forces de l’ordre s’ajoute une récente ordonnance relative à l’exécution de sanctions disciplinaires, allant jusqu’aux radiations pour les plus récalcitrants.

3000 départs volontaires

La question des effectifs pléthoriques  est également en cours de règlement. Elle vise à mettre l’armée ivoirienne aux standards internationaux et  en conformité avec l’ambition de la Côte d’Ivoire d’émerger dès 2020.

À  cet effet deux opérations de départ volontaires ont permis le retrait des effectifs de 3.157 soldats : 991 en 2017 et 2166 en 2018. Leur insertion sociale reste  cependant au cœur des préoccupations de l’Etat. Qui a créé un Bureau d’Accompagnement et de Réconvertion des Militaires pour les y aider.

Ceux qui continuent de défendre le drapeau tricolore bénéficieront de formation grâce à la reforme de l’enseignement militaire  que permet la loi de programmation militaire. La construction d’infrastructures dédiées et l’acquisition de matériels de pointes viennent compléter les actions  consenties afin d’améliorer leurs conditions de vie et de travail : but principal de la loi de programmation  militaire.

Des défis à relever

Derrière ce tableau flatteur, ce cache une réalité implacable : l’armée ivoirienne fait face à de nombreux défis. Selon le Ministre d’Etat, Ministre de la Défense, Hamed Bakayoko, « les défis sont nombreux…Nous pouvons citer entre autres la pyramide des grades et des âges. Actuellement, les effectifs par catégorie des armées sont disproportionnées et incohérents par rapports aux missions qui leurs sont confiées. La norme est de 5% d’officiers, 25% de sous-officiers et 70% de soldats de rang. Mais dans notre armée, ces ratios sont respectivement de 6%, 53% et 41% ».

Autres bémols, une moyenne d’âge par catégorie de 45 ans, trop élevée pour les soldats de rang et les sous-officiers, complétée par l’absence de formation de base de nombreux soldats recrutés.

Redorer le blason

Toutefois, d’un avis général, le plus gros problème de l’armée ivoirienne reste sa réputation, gravement entamée par une série de mutineries qui ont rappelé aux souvenirs des populations les douloureux évènements post-électoraux de 2011. Voila sans doute le plus gros chantier de la loi de programmation militaire : redorer le blason de la grande muette et lui redonner sa crédibilité. Là dessus, le Ministre de la Défense, Hamed Bakayoko reste  optimiste : « Il s’agit d’un processus. Les actions sont menées aujourd’hui, mais l’impact ne sera visible que dans quelques années. Il faut un changement de comportements et de mentalités qui prendra forcement du temps. La reforme en cours permettra à l’armée de renouer avec ses principes. Et cela lui fera bénéficier de crédibilité vis à vis de la population ».

Pour rappel, la loi de programmation militaire, est une émanation de la volonté du Président de la République, Alassane Ouattara, de doter la Côte d’Ivoire d’une armée professionnelle et républicaine.

Armand Bledou
wilfridarmand@gmail.com

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