Home Info L’ÉDITORIAL – Mieux vaut prévenir maintenant
0

L’ÉDITORIAL – Mieux vaut prévenir maintenant

54
0

Dans un magnifique ouvrage « La république des professeurs», Albert Thibaudet – figure majeure des lettres françaises de l’entre-deux-guerres – a écrit cette phrase pleine de sens : « C’est quand les choses sont arrivées qu’on voit combien elles étaient faciles à  prévoir… » On s’interroge à juste titre sur 2020. La peur de revivre les horreurs de la crise post-électorale de 2010-2011. L’angoisse de voir s’écrouler notre légitime envie de paix – durable. En clair, deux ans avant la présidentielle prochaine, nous perdons notre fragile sérénité, notre relative quiétude, depuis la fin de la crise qui a fait plus de 3000 morts. Les Ivoiriens partagent une même angoisse : 2020 rejouera-t-il 2010 ?

La classe politique ivoirienne ne donne pas l’impression d’avoir tiré les leçons des crises politiques de ces 20 dernières années. La réconciliation est en panne. Les politiques en ont donné un contenu rigoureusement démagogique. Le pouvoir dit, faire ce qu’il doit sans convaincre les citoyens. Le comble : des leaders de l’opposition qui accusent le pouvoir, « d’inaction », « d’inconséquence » sur ce terrain, ne sont pas exempts de tout reproche. En effet, la haine réciproque que se vouent, MM. Aboudrahamane Sangaré et Pascal Affi N’Guessan, tous deux hauts dirigeants du Front populaire ivoirien (FPI), en est la meilleure illustration. Leur division fragilise la démocratie ivoirienne et nous interroge…

Les partis politiques qui devraient être des modèles de stabilité, concentrent plus que n’importe quelle autre entité de la société ivoirienne, les tensions liées à leurs divisions internes. La preuve, le tout nouveau parti unifié RHDP, se compose en majorité de partis divisés pour la plupart : PIT, MFA, UPCI…

La vive tension entre le Pdci et le Rdr quant à « une promesse » de passe-passe qui régirait, en 2020, l’alternance entre alliés à la tête du pouvoir, ne rassure pas non plus l’opinion qui n’a rien oublié des conséquences de « la Ouattara-Bédié », dans les années 90 après la mort du Président Félix Houphouët-Boigny. Les deux hommes réconciliés pour évincer Laurent Gbagbo du pouvoir en 2010 n’ont de cesse de le rappeler : « les choses vont mieux pour le pays quand, entre nous l’entente est cordiale »…

Mais ce qui serait inadmissible, c’est que tout un peuple se laisse aller à la fatalité d’une angoissante incertitude. Que la société civile ivoirienne prenne ses responsabilités. Qu’elle interpelle les politiques. Qu’elle mobilise pour la paix. Qu’elle rejette avec force la violence politique. Parce qu’au risque de s’abandonner, le peuple finit par accuser le Destin de l’avoir abandonné… Face à la menace de cette convergence de dangers qui nous guettent, il urge d’organiser une convergence de résistances. Le sursaut pour un éveil des consciences, pour la paix, c’est maintenant !

 

Ange Hermann GNANIH

@ahgnanih

 

(54)

LAISSE TON COMMENTAIRE

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

S'il vous plaît, attendez...

ABONNEZ-VOUS POUR RECEVOIR LES INFOS DU MOMENT

Voulez-vous être informé lorsque notre article est publié? Entrez votre adresse e-mail et votre nom ci-dessous pour être le premier à le savoir.